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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 12:14
L'affrontement se révéla épique et grand et majestueux comme un match de Coupe de Monde de Rugby, mais plutôt le genre indécis et tendu style France - Pays de Galles que ravageur et rapide comme Nouvelle-Zélande - Australie. On avt beau se taper sur la gueule, impossible de prendre durablement et largement l'avantage. A ce sujet, voici un témoignage de notre reporter de guerre, envoyé spécial sur l'Olympe, Hésiode :



Depuis longtemps luttaient, souffrant une douloureuse peine,
Et s'affrontant les uns les autres dans de violents combats,
Les dieux Titans contre ceux que Cronos avait engendrés ;
Les uns, les nobles Titans, étaient au sommet de l'Othrys,
Et les autres, les dieux dispensateurs de biens, sur l'Olympe,
Les fils que Rhéa aux beaux cheveux eut du lit de Cronos.
Ils avaient les uns pour les autres une douloureuse haine
Et combattaient sans interruption depuis dix années pleines ;
La dure lutte ne se terminait pas : aucune issue
Pour personne, et la guerre ne profitait à aucun camp.

(on ne critique pas la traduction car c'est moi qui l'ai faite)

 

1073825536.jpg[Cette superbe photo de guerre montrant un Titan atterré nous est fournie par ce site.]

En clair, les amis, votre guéguerre, ça n'avance pas. 10 ans durant, les deux camps se sont affrontés et ça n'a rien donné. Tout désemparés, les Olympiens vont voir Mamie Gaïa qui leur dit :

"Hmmm... mes petits-fils, si vous gagnez ce sera avec l'aide de mes fils..."

"Quésaco ses fils ? On est en train de se battre contre eux !" fut la première réaction des Olympiens. Jusqu'à ce que, farfouillant la généalogie, ils se souviennent de l'existence des Cyclopes et des Hécatonchires, les 6 autres enfants de Gaïa et d'Ouranos, qui n'avaient pas été libérés des profondeurs de la Terre, contrairement aux Titans, et que Cronos avait refusé de sortir de leur trou.

 

Pendant qu'on envoyait deux ou trois Olympiens entamer des pourparlers avec ces Cyclopes et ces Hécatonchires, voilà que de nouveaux alliés se présentent. Viennent frapper à la porte de l'Olympe deux déesses, et non des moindres.

En premier voici STYX, la fille d'Okéanos, la déesse du fleuve du même nom (le Styx) dans les Enfers. Groupie de Zeus depuis le premier jour, elle veut absolument suivre le groupe des Olympians Gods partout où ils iront. Et surtout, elle amène ses quatre marmots, c'est-à-dire Zèle, Victoire, Force et Puissance. Evidemment, les Olympiens trouvèrent très intéressant d'avoir la Victoire et sa fratrie dans leur camp. Zeus, en échange, offrit à Styx le privilège d'être la déesse du fleuve par lequel jureraient les dieux. Sans rigoler, quand vous êtes un dieu et que vous êtes parjure, c'est pas super drôle : vous restez suspendu dans le vide sans pouvoir bouger pendant 10 ans sans interruption.

Ensuite voilà HECATE, ténébreuse déesse aux attributs multiples (en particulier déesse des sorciers, magiciens et autres). Elle alla offrir ses sombres services à Zeus, qui lui accorda en échange des avantages multiples et variés, tellement multiples et variés que ça me fatigue de vous les énumérer.

Mais pendant ce temps, que deviennent les fameux Cyclopes et Hécatonchires ? La suite sur cet article pendant que je me repose les doigts.

 

.............................................................

LES CYCLOPES ET LES HECATONCHIRES

 

Avant toute chose, qui sont-ils ? Ce sont les six (3 fois 2) autres enfants d'Ouranos et de Gaïa, que leur père avait enfouis au sein de la Terre leur maman et que les Titans avaient refusé de faire sortir.
Leurs petits noms : Brontès, Stéropès et Argès pour les Cyclopes ; Cottos, Briarès et Gyès pour les Hécatonchires.
Les Cyclopes n'ont qu'un seul oeil, un gros oeil rond au milieu du crâne, d'où leur nom en grec (Kuklops = Oeilrond).
Les Hécatonchires, ces charmants garçons, ont chacun cent bras et cinquante têtes, d'où leur nom en grec (Hékatonkhééres = Centbras).
Moralité : faites du grec ancien...
Bref, les Olympiens les sortent de leur trou terreux et entament des négociations.
Les Cyclopes se rangèrent sans problème du côté de Zeus, à partir du moment où on les libérait, eux, hein...
Pour les Hécatonchires, on se pose la question. Briarès passa dans les camp des Olympiens, ça c'est certain, mais certaines rumeurs chuchotent que Cottos se serait révolté contre Zeus... Et pour Gyès, le mystère plane... Mais croyons notre reporter de guerre (Hésiode) qui dit que tous trois se rangèrent du côté de l'Olympe.

Les Olympiens nous gavent ces six-là de nectar et d'ambroisie (la nourriture qui préserve l'immortalité) et passent un traité d'alliance. Les Titans n'ont qu'à bien se tenir...


Sources : Hésiode, Théogonie ; dico de Grimal

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 12:42

Mais tout va se compliquer pour Zeus et ses amis. Vont-ils garder la maîtrise du monde face aux terribles épreuves qui les attendent ? Vous le saurez en suivant cette série épique :

LA TITANOMACHIE
(ou le truc que si t'en faisais un film ce serait plus fort que Spartacus et Gladiator)

1034614356.jpgLa Titanomachie, tableau volé

Vous pensez bien que le Cronos n'était pas très content de se voir ainsi expulsé de la royauté. Ruminant sa défaite, n'ayant même plus un petit bébé à croquer pour passer le temps, il se cloîtrait dans ses quartiers d'Italie comme Napoléon à Sainte-Hélène, à essayer de gérer les péquenauds du coin qui, pour la peine, eurent droit à une prolongation de l'âge d'or.
Mais Cronos, c'était un battant, un winner, pas le genre à se laisser marcher sur les pieds, ni à se faire piquer la royauté du monde sans réagir. Il battit alors le rappel de ses troupes, du style : "Frères Titans, nous avons perdu une bataille mais pas la guerre !", ou fit passer des messages clandestins comme : "Bzzz crouîk ...Les Titans parlent aux Titans... Fuii crikk... L'eau se met à bouillir... Je répète : l'eau se met à bouillir..."

Il se constitua donc une armée contre-révolutionnaire pour contrecarrer le fils qui osait lui voler le trône. En bon frangin qui n'a pas perdu le sens de la famiglia, Cronos appela d'abord ses frères :

- Oh, Coios, pense à ton frère abandonné, trahi lâchement par son propre fils...
 
- Oué, c'est sour que dans la famiglia, il y a des choses qui né sé font pas...

- Crios, veux-tu soutenir ton frère en détresse ?

- Je n'ai rien à te refuser, frangin...

- Et toi, Okéanos ?
- Hééé ? A mon âge, tu veux que je fasse la guerre, moi ?... Non, je reste neutre. Et puis j'aime bien la p'tite Héra...
 
- Faux frère ! Et Hypérion ?
- Bien sour, Cronos, yé souis avec toi !
 
- Japet ?
- Hein ? J'entends rien ! Parle plus fort !
 
- Et vous, soeurettes ?
THETYS - Oh eh moi, j'fais comme mon mari...
THEIA - Les mecs vous êtes assez grands pour régler vos problèmes tout seuls...
RHEIA - (De toute façon c'est moi qui ai sauvé Zeus, je ferais mieux de pas me la ramener)
PHOIBE - Pas d'opinion.
THEMIS ET MNEMOSYNE - Zeus est notre amant, on se range à ses côtés et tant pis pour la famiglia !

Après ces pourparlers avec sa fratrie, Cronos l'ex-roi du monde fit appel au cercle plus large de sa famille entière : il obtint le concours d'autres Titans zet Titanes, en particulier celui d'Atlas et de Ménoitios, les fils de Japet.

Voici donc alignée l'armée titanesque de Cronos... Comment Zeus peut-il lutter contre les forces du ténébreux Cronos et de ses Nazgûl Titans ? Va-t-il trouver lui aussi des alliés ? Pourra-t-il former, face aux méchants serviteurs des forces du chaos, sa Communauté de l'Olympe ?
1060981770.gif
En tout cas, assemblés en conseil au sommet de leur montagne préférée (l'Olympe), les dieux se rongeaient les sangs.

- Les amis, l'heure est grave, tonna Zeus (genre ils le savaient pas déjà). Serez-vous prêts à soutenir cette bataille ?

Cela dit, prêts ou pas, les dieux n'avaient pas le choix. Ils dressèrent donc un plan de bataille et surtout de récupération d'alliés divers, pour tenir tête aux Titans, leurs belliqueux parents.
Parce que le meilleur moyen de gagner la guerre, c'est encore d'avoir le plus d'alliés puissants, intelligents, forts et surtout NOMBREUX.
Pour attirer du monde, Zeus eut recours à la fameuse technique de la promesse, en disant un truc du style :

Celui qui viendra combattre avec moi contre les Titans ne perdra rien de ses divins attributs ; tous conserveront les honneurs dont ils jouissaient auparavant parmi les dieux, et si quelqu'un, sousle règne de Cronos, n'avait obtenu ni honneur ni récompense, il recevra l'un et l'autre comme le veut la justice.
 
Il parle pas comme un plouc, le Zeus, quand il s'y met.


Voici donc le camp des Olympiens :

=> ZEUS le meneur, qui n'avait pas sa foudre encore à l'époque, et ses acolytes POSEIDON, HADES, HERA, DEMETER, HESTIA et peut-être aussi APHRODITE (si on admet qu'elle est déjà née, les érudits se posent la question) ;

=> les amantes de Zeus c'est-à-dire à l'époque l'Océanide METIS (l'Intelligence Rusée), THEMIS (la Justice), MNEMOSYNE (la Mémoire), trio de choc ;

=> les cousins de Zeus, les frangins PROMETHEE et EPIMETHEE ;

=> Papi OURANOS et surtout les bons conseils de Mamie GAIA (qui a tendance à changer souvent de camp quand même).
Les deux camps étaient désormais prêts à s'affronter dans une bataille épique et grandiose et un suspense proprement insoutenable, auquel vous devrez survivre, chers lecteurs, jusqu'au prochain épisode...

Sources : Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine ; Hésiode, Théogonie.

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 17:18
Inutile d'être socio-psychologue pour dire que les relations père-fils, c'est pas toujours la joie. Dans le cas de nos deux dieux, Zeus et Cronos, c'est encore pire.
Imaginez un peu le petit Zeusounet, et touuus les motifs qu'i avait d'en vouloir à son divin père : 1) son papa l'avait abandonné, 2) il n'avait jamais été là pour lui, 3) il avait voulu le manger sans même une pointe de sel (quel manque de goût !).
C'est pourquoi le fils devenu grand décida crânement de venger ses frères et soeurs ingurgités, sa maman, et son grand-papa Ciel dans la foulée. Et puis si ça pouvait permettre de devenir roi des dieux, hein...

Puis, de toute façon, il fallait réaliser la prophétie de Papi Ouranos et Mamie Gaïa.

 

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S'ensuivit sûrement une lutte épique, un terrible et formidable combat singulier superlativement spectaculaire, mais les auteurs antiques n'en disent pas grand-chose. Je vous donne donc le droit d'imaginer :
- une gigantesque bataille aéro-navale
- un assaut furibond de techniques ninja
- un combat killbillesque au katana
- une fusillade de western
- un duel effrayant et horrifiant aux dames
et tout ce que vous voulez...


Tout ce qu'on sait, c'est que Zeus s'adjoignit une divinité nommée Métis, fille du fleuve primordial Okéanos et incarnation de l'Intelligence Rusée. Sur ses conseils, il fit boire à Cronos une sorte de drogue vomitive. Cronos se révulsa, les yeux exorbités, et dégobilla tout ce qu'il avait pu avaler avant, éjectant ainsi de son divin système digestif la pierre qui avait remplacé Zeus (pierre qui alla rouler jusqu'aux environs de Delphes pour s'y fixer définitivement), et tous les bébés qu'il avait gobés tout crus. Ressurgirent ainsi Hadès, Poséidon, Héra, Déméter et Hestia.
Après quoi Zeus vira son père à coups de pied de la royauté, et s'installa sur le trône de roi de l'univers.
955805626_small.jpg
Source : Hésiode, Théogonie.

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 17:33
Pas besoin de lire Voici ou de s'intéresser au passé de notre nouvelle première dame de France pour en apprendre de belles. Tenez, Cronos par exemple. Comme ça, il a l'air d'un brave type, intelligent, et roi des dieux c'est une belle situation. Bon, il est un peu accro à la viande saignante, mais on en a vu d'autres, et puis l'amour est aveugle.
Eh bien mesdames, si vous aviez des vues sur Cro-cro, je vous le déconseille, parce qu'en plus de se faire une brochette de bébés tous les matins, il a TROMPE SA FEMME.

Non ? Si. Rhoooo !

C'était un jour sur le Mont Pélion, en Thessalie (Grèce du Nord). Cronos devait se balader par là, quand il croise une superbe nymphe du nom de Philyra. Le genre gentille, naïve, chaste, et un peu oie blanche.
Toujours prêt à rendre service, Cronos lui offre gentiment un cours d'anatomie masculine avec exercices pratiques ; ils étaient en pleine action, quand Rhéa, prise d'un soupçon subit, dresse son visage au-dessus du ciel et... les voit en position fâcheuse.
- Ciel ! Ma femme ! s'écrie Cronos, et, ni une ni deux, il se transforme en cheval, laisse tomber Philyra et s'enfuit.

Mais "une union divine est toujours féconde"... Et la brave Philyra se trouva engrossée. Au bout d'un certain temps, elle finit par accoucher d'un être hybride, mi dieu, mi cheval, comme un centaure - mais ce n'en était pas un : c'était Chiron, le centaure-archer, appelé aussi Philyride (parce qu'il est fils de Philyra ) ou encore le Sagittaire, grand éducateur de héros et doué d'immortalité.

Désolé, mesdames, de briser vos rêves sur la fidélité de Cronos...
Cela dit, Rhéa avait elle aussi des secrets à cacher à son mari. Pendant que lui courait la gueuse, elle faisait élever l'enfant qu'elle lui avait ôté de dessous la dent. Car le gosse que Rhéa nous avait pondu en Arcadie (équivalent grec de la Creuse, pour la population et la trou perdu attitude) s'appelait... à votre avis?... Zeus.
zeus

A l'époque, le petit Zeus n'avait pas encore l'air martial et épique qu'il a sur cette image, mais n'était qu'un bébé sans défense mignon tout plein. Rhéa l'avait confié, à peine né et à peine lavé dans une rivière surgie pour l'occasion, à la nymphe Néda. Néda fonça cacher le petit Zeus au fin fond de la Crète (cette île là, en dessous du Péloponnèse), sur le mont Ida -- en passant près de Cnossos (ville de Crète) le Zeusounet perdit le bout de cordon ombilical qui pendouillait jusque là à son nombril.

Et là, on le mit au sommet d'un arbre pour qu'il ne soit ni sur terre ni sous mer ni dans le ciel, on le cacha bien de son papa, sous la bonne garde des Courètes et/ou Corybantes, des espèces de prêtres, ou de divinités, ou les deux à la fois. Parce qu'un bébé, ça crie. Et dès que le môme se mettait à avoir faim et à hurler, les Courètes bondissaient sur leurs pieds, et faisaient un tapage incroyable avec des lances, des boucliers, des tambourins, tout ça histoire que le Cronos n'entende pas les cris de son fils. Sinon le bébé risquait fort de se dissoudre dans les sucs gastriques de son auguste géniteur.

Pour nourrir le bébé dieu, on engagea une nounou nymphe, Amalthée, et une chèvre, Aïx, dont le bébé buvait le lait directement à la mamelle, et sans pasteurisation, burps. Un jour le Zeus arracha une corne à la pauvre bête, et en fit don à la nymphe Amalthée, ce qui devint la Corne d'Abondance => corne pleine de fruits, lait et miel à volonté, et gratis en plus.

Le petit dieu finit par grandir, par boire autre chose que du lait et par s'arrêter de hurler pour demander à manger. Les Corybantes furent donc au chômage, mais Rhéa leur redonna un job en les engageant dans son cortège officiel, et les tambourins en prime.
amalthee.jpg
ET LA CHEVRE ALORS ? Que devint-elle ? (C'est vrai, n'irritons pas la SPA.) Las, elle n'était pas immortelle ; à sa mort, en signe de reconnaissance, Zeus... la dépeça, pour en faire un bouclier divin à franges avec plein de pouvoirs cool dont lancer le tonnerre, l'égide.
 

 

 

 

Sources : Apollonios de Rhodes, Argonautiques ; Callimaque, Hymne à Zeus ; Hygin, Fables

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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 17:47
Bon, la généalogie, ça vous gonfle, c'est normal moi aussi.


Donc voici, sous vos yeux ébahis, sur cet article :



"Les étranges moeurs culinaires du Dieu du Temps"

 

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Sûr, vous vous posez la question tous les soirs avant de vous endormir : "Mais qu'est-ce que ça peut bien manger, un dieu ?"

Réponse : ça dépend lesquels. La plupart se contente de nectar et d'ambroisie... c'est-à-dire des mets qui rendent immortels. On n'est jamais trop prudent. Après, certains apprécient de bons quartiers de boeuf, du cerf à la moutarde, du sanglier au vinaigre et autres venaisons sauce poivrons-chocolat ; par contre, ce que Cronos préférait, lui, c'était un bon petit bébé, tout cru, sans même une pointe de sel.

Vous vous rappelez qu'Ouranos et Gaïa avaient prédit à Cronos que l'un de ses enfants le détrônerait ? Eh bien, le Cronos avait trouvé la solution miracle. Il fallait empêcher ses enfants d'exister. Comme, pas plus que son père, le Cro-cro n'était enclin à l'abstinence, il faisait des choses avec sa femme Rhéa, mais dès que celle-ci accouchait, il lui piquait son bébé, et l'avalait tout rond. C'est ainsi qu'il goba Poséidon, Hadès, Héra, Hestia et Déméter. (Tiens, pourquoi mangeait-il les filles aussi ?)
cronos-mangeant.jpg
[Image prise ici]
Vous imaginez bien que tout ça n'était tellement du goût de Rhéa, la maman. Alors, quand naquit le sixième enfant, un tout petit mignon tout plein dont elle accoucha en Arcadie, elle craqua. Rendue complètement gaga par sa maternité, elle alla cacher son gosse sur terre.

C'est là qu'arrive Cronos...

...

...

(le suspense est à son comble)...

CRONOS- RHEA ! IL EST OU LE GOSSE ? J'AI FAIM !
RHEA- Mais tout de suite chéri ! Sur place ou à emporter ?
CRONOS- SUR PLACE !
RHEA- Nature, à l'ail, au vin jaune ?
CRONOS- NATURE !!

Rhéa avait réussi à perdre un peu de temps ; vite, comme son mari arrive, elle prend une grosse pierre de la taille du bébé dieu (oh, juste dix mètres de haut), l'enveloppe entièrement dans des langes et la présente à Cronos qui l'avale sans même y jeter un coup d'oeil. Un estomac divin, c'est résistant.


Source : Hésiode, Théogonie

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 18:44

Pendant ce temps, Gaïa cherchait un autre amant, et dégota finalement Pontos (nom qui signifie le Flot-salé-de-la-mer, je vous rappelle). Pontos, avant de rencontrer Gaïa, avait fait un bébé tout seul, Nérée, le Vieux de la Mer. Nérée, brave type qui habite au fond de la Méditerranée, barbe blanche et coeur loyal. Cela dit, comme Nérée était déjà adulte, ça ne posait pas trop de problèmes au nouveau couple.


Pontos était-il en fin de compte le vrai homme de la vie de Gaïa ? car elle se mit avec lui et nous pondit quatre beaux nenfants, 2 garçons, Thaumas et Phorcys, et 2 filles, Céto et Eurybié. Ces quatre gosses sont aussi appelés les Pontides, parce qu'ils sont fils de Pontos.

Sinon, Gaïa eut encore d'autres enfants, du genre Typhon, horrible monstre avec un nombre incroyable de têtes et de bras, Python, un grand serpent qui aime rôder près de Delphes, et quelques autres dont peut-être les hommes, mais c'est sujet à caution...

 

gaia2.jpg

 

 [Image : la Terre-mère, prise ici]


 

Cependant, maintenant que le Ciel avait perdu la domination du monde et des dieux, et que son fiston Cronos et ses frangins les Titans lui avaient piqué la place, Cronos régnait sur le monde ; sa capitale se situait en Italie, terre bénie à l'époque, mais ça ne l'empêchait pas de visiter le monde existant à l'occasion, histoire de faire le tour du proprio.

Mais, vous l'avez compris, l'essentiel pour un dieu c'est de PROCREER, il ne pense qu'à ça, il ne rêve que de ça, il en crève d'envie jour et nuit. Et comme ce genre d'histoires, ça se règle en famille, 4 des Titans mâles épousèrent 4 de leurs soeurs, pour engendrer, enfanter, combler leur fantasme paternel.
Alors là, je vous demande de bien suivre. Si ça vous amuse vous pouvez prendre un papier, un crayon et faire un superbe arbre généalogique... 

 

On commence par Océanos.

Comme chacun le sait, la terre est plate, genre gros disque vinyle sans trou au milieu, et recouverte par la voûte céleste en forme de cloche à fromage, où sont fixés, à différentes hauteurs, tous les astres. (Comment ça la Terre est ronde et tourne autour du Soleil ?) Océanos est l'immense fleuve qui forme de ses eaux le contour de l'orbe terrestre. Océanos épousa donc sa soeur Téthys (à ne pas confondre avec Thétis) et de leur union naquirent d'une part  tous les fleuves du monde et des faubourgs, et trois mille divinités féminines des eaux qu'on nomme les Océanides (parce qu'elles sont filles d'Océanos. C'est limpide.). A retenir seulement : tous les fleuves sont des dieux, ils auront donc des gosses comme les autres, ils parlent, pensent, agissent et ont certains pouvoirs.

Ensuite, Coios qui épousa sa soeur Phoibé. Ils eurent deux filles, Astérie et Léto (Léto aura une longue histoire fort plaisante, je vous en parlerai quand j'y arriverai... dans quelques procréations encore).

Puis Hypérion, qui épousa sa soeur Théia. Ce furent les parents des astres, puisqu'ils enfantèrent l'Aurore (une brave jeune fille aux doigts (de) roses et à la robe jaune safran), le Soleil et la Lune. Petit détail sur ces deux astres : le Soleil a pour mission de parcourir la voûte céleste d'Est en Ouest chaque jour, avec son char de flammes d'or à quatre chevaux, puis de plonger sous le disque terrestre dans le monde des morts et de revenir à l'Est pour le matin suivant. La Lune, qui n'a pas les mêmes moyens que son grand frère, se balade dans un char à deux chevaux, qu'elle lance quand elle voit son frère rentrer sous terre. 

 

 

Mais je parie, petits curieux, que vous mourez d'envie de savoir si les autres Titans ont réussi à trouver chaussure à leur pied. Que sont devenus Crios, Japet, Thémis et Mnémosyne ? Eh bien, les deux mecs ont trouvé de sympathiques jeunes filles avec qui procréer.

chute-titans-rubens.jpg

 

Crios a fait une cour couronnée de succès à la jeune Eurybié, fille de Pontos et de Gaïa (donc sa demi-soeur). Ils vont nous pondre trois fils, Astréos, Pallas et Persès.

 


 
[Image : La Chute des Titans, de Rubens]
Japet, ce vieillard décrépit, réussit comme par miracle à séduire une jolie jeune déesse nommée Clymène, l'une des trois mille Océanides (donc sa nièce). Il a quatre fistons dont on entendra beaucoup parler plus tard : Ménoitios, Atlas, Prométhée et Epiméthée.

Et les filles ? Tu parles ! Elles n'ont réussi à se trouver quelqu'un qu'après le règne de Cronos. Comme quoi c'est toujours plus facile pour les hommes. Mais restons dans les histoires d'amours divines avec les Pontides.

Nérée, le vieux de la mer, au pouvoir de métamorphose, se maria avec l'Océanide Doris et engendra 50 filles : les Néréides, divinités de la Méditerranée, qui s'assemblent au fond de la mer pour discuter, boire du thé, protéger les vaisseaux, se faire draguer par des dieux et des mortels en tous genres, voire se faire enlever et pondre de beaux nenfants qui grandiront et deviendront de grands zhéros courageux et brutaux.

Thaumas s'en alla fricoter avec l'Océanide Electre (quel succès ces océanides dites-moi) qui donna naissance à trois divinités aériennes : Iris, la messagère arc-en-ciel, le genre à se balader entre les hommes et les divinités avec une robe bariolée, histoire de parler un peu à tout le monde ; et les deux Harpyes, de sympathiques jeunes filles qui poursuivent avec leurs grandes ailes de chauves-souris ceux sur qui Zeus les lâche. leur petit nom : Aïllo et Okupétés (je vous jure que c'est son vrai nom... c'est une divinité des vents après tout).

Phorcys alla épouser sa soeur Céto... et ils furent plus ou moins les parents et grands-parents des monstres. Déjà parce qu'ils firent naître les trois Grées, des vieilles toutes blanchies et ridées qui se partagent un oeil à trois ; ensuite les trois Gorgones, à qui je déconseille d'aller serrer la main, parce qu'elles sont fort peu amicales. Leurs noms sont Sthéno, Euryale et Méduse : les deux premières sont immortelles mais pas la troisième... pas de pot...


Et voici les petits fricotages de la seconde génération des Titans et Pontides : Atlas se casa avec l'Océanide Pléioné et lui fit sept filles, nommées les Pléiades.

Astréos jeta son dévolu sur l'Aurore, et à deux ils nous pondirent les quatre vents : Borée le glacial au nord, Zéphyr le cool à l'ouest, Notos le colérique au sud, Eurus à l'est ; plus Eosphoros l'étoile du Matin et tous les Astres en général. V'là le ciel tout peuplé d'étoiles brillantes !! (petite pause rêveuse... oh le ciel étoilé qu'est plein de points brillants et pis... oh ! une étoile filante !... fin de la petite pause)

Pallas alla draguer l'Océanide Styx qui, pour votre gouverne, est aussi un fleuve des Enfers, le genre vaseux et boueux ; et elle mit au monde une série d'enfants pas très marrants : Zèle (pfouuu), Victoire (mouais), Force (bof) et Puissance (quel ennui ! vous aussi vous préférez les gros monstres avec des tentacules partout, non ?).

Persès se maqua avec Astérie, pour te me vous nous enfanter Hécate, the great goddess of communication between men and gods... Hécate, la déesse de la relation entre les dieux et les hommes... et aussi celle de la magie, des puissances occultes et ténébreuses... brrr ! C'est plus marrant que les fils à Styx, ça, non ?

 

 

Sources : Hésiode, Théogonie ; Hygin, Fables ; Ovide, Métamorphoses

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 11:07

"Toute union divine est fertile", a dit mon ex-prof D.R. Je dirais même plus : le dieu ça engendre, ça procrée, ça croît et se multiplie n'importe comment.


Ouranos n'est pas en reste, même privé d'une part essentielle de son anatomie. Déjà, quand Cronos lui a coupé le *****, en pissant (littéralement) le sang avant de s'enfuir là-haut, tout là-haut vers l'infini et au-delà, les gouttes d'hémoglobine tombèrent sur la terre... c'est-à-dire la Terre, Gaïa (histoire de vous resituer), qui après une petite gestation finit par accoucher de quelques divinités super-sympas... : les Erinyes, les Géants, les Méliades ou Nymphes des frênes. Je vous explique : les Erinyes (leurs petits noms : Alecto, Tisiphone et Mégère) sont les déesses vengeresses qui poursuivent les meurtriers, parricides, matricides, petitchienmédoricide, soit en lui attirant la poisse (comme un petit perse qui avait trucidé un tyran de Samos et qui finit par périr dans d'atroces souffrances), soit en le rendant dingue (vous verrez quand je parlerai d'Oreste... si j'y arrive un jour). Les Géants sont à peine moins gentils : outre le fait qu'ils sont... géants (ben oui), ils passent leur vie à se battre. Et à se battre avec quoi ? des lances, des piques et javelots en bois de frêne. D'où les Nymphes des frênes.

Le-remords-d-Oreste.jpg                                                                                                                                       [W. Bouguereau, Le remords d'Oreste]

Pour les petits malins qui voudraient savoir ce qu'est devenu le *membre viril* du dieu Ciel, voici venir sur cet article de précieuses informations :

 "Conseils en cas d'émasculation : pourquoi il faut se débarrasser de la chose dans la mer"

MAIS QU'A FAIT CRONOS DU MACHIN DE SON PAPA ? Comme à cette époque on ne parlait pas de pollution de l'eau, Cronos balança la chose dans la mer.
Or, avec le temps et au gré des flots, le sperme sortit du p**** et se mélangea aux vagues, formant une blanche écume.
Et puis paf, un jour, en naquit Aphrodite, surgissant de l'eau sur un gros coquillage en essorant ses cheveux dans une pose lascive. Aphrodite, déesse de l'amour, de la beauté, de la grâce physique,de la séduction, etc etc, s'approcha de Cythère et sortit de l'eau à Chypre où les Heures (Hôrai, ="les Saisons") l'accueillirent en lui passant des bijoux et des colliers de fleurs; c'est pourquoi elle a aussi comme noms Cyprogénée (="née à Chypre"), Cypris, Cythérée, et puis en général la déesse de Chypre et de Cythère, ainsi que Philommédée (="amie du sexe masculin").
Comme quoi dans l'Antiquité, on ne connaissait pas la pollution,mais on pratiquait déjà le recyclage.

 

Botticelli-Venus.jpg

[Alessandro Botticelli, La Naissance de Vénus]


Sources : Hésiode, Théogonie ; "Homère", Hymne à Aphrodite

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 11:04
cronos.jpgTHE BIG FIGHT OF THE FIRST GODS

 
In an incredible fight (drumbles), the great God of Time Cronos caught his little daddy the terrible God of Sky* Ouranos... whaaam ! boang ! ... euh pardon... bleurp... c'est le côté comics du trip qui remonte à la surface... Pardon pour cet écart de langage... reprenons, et en french, je vous prie.

 

OURANOS VS CRONOS
ou comment le dieu du Ciel perdit la meilleure part de lui-même

 

Cronos était donc posté en embuscade avec son énorme serpe en guise d'arme de destruction massive, quand arriva Ouranos, qui sentait une petite envie de profiter de Gaïa tant qu'on y était. Ouranos étendit donc ses larges bras de nuit et d'étoiles pour enlacer la Terre (qui n'en avait plus particulièrement envie) et s'approcha amoureusement... C'est là que Cronos tendit la main gauche, attrapa son père par ce qu'un traducteur des éditions Budé appellerait "les parties honteuses", brandit sa serpe et...
- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH ! hurla Ouranos, car son fiston lui avait tout coupé.
- Ca fait super maaaaaaaaaaaal ! reprit le Ciel en s'enfuyant vers les hauteurs, très loin de la terre.
- J'ai gagné ! j'ai gagné ! triompha Cronos.
- Minute, fiston ! lui cria son père des hauteurs. Tu m'as maltraité, et je peux plus être roi du monde, mais un jour, ton fils à toi te fera pareil !
- Je confirme, souffla Gaïa dans son coin (elle avait des dons prophétiques de temps à autre).

Mais Cronos n'en eut cure ; il avait battu Ouranos son père, et ses onze premiers frères et soeurs, les Titans, purent trouver un espace où vivre entre la Terre et le Ciel. Ils sortirent des entrailles de la terre, sous le ciel étoilé, et tout naturellement, ils firent de Cronos leur roi. Mais vous pensez bien que celui-ci l'avait prévu depuis le début.


Et pour cette histoire de fils qui le détrônerait, il avait un plan. C'était un malin, le Cronos.


Source : Hésiode, Théogonie

Image dégotée ici

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 14:13

Cependant, Gaïa avait toujours envie de faire des choses interdites aux moins de 18 ans. Elle alla donc s'adresser à Ouranos :

- Ô Ciel, toi égal à moi-même et capable de me couvrir toute entière, ô toi qui dois offrir aux Immortels une assise sûre à jamais...
- Hé ? répliqua Ouranos (qui n'avait rien pigé).
- Bon, en clair ***(contrôle parental fortement recommandé)***, s'expliqua Gaia.
- Ah ouais ! répondit Ouranos tout content !

 

C'est ainsi que Gaïa et Ouranos se mirent ensemble et engendrèrent (attention la liste va être longue) :

Océanos, Coios, Crios, Hypérion, Japet, Théia, Rhéia, Thémis, Mnémosyne, Phoibé, Thétys, Cronos (= les 12 Titans), Brontès, Stéropès, Argès (= les 3 Cyclopes), Cottos, Briarès et Gyès (= les 3 Hécatonchires).
(D'aprèsHomère, "une union divine n'est jamais inféconde" ; je vous laisse faire le calcul).


Problème : Ouranos était un amant du genre collant. Et même très collant. Au sens propre. Le Ciel se plaquait à la Terre, et leurs fort nombreux enfants ne pouvaient pas sortir !... Gaïa souffrait horriblement. Harcelée par le satyre insatiable qui lui servait de mari, elle fit se réunir ses 18 enfants en cercle dans son ventre et leur cria :
- Pitié ! Délivrez-moi de votre père, il me fait 'achement mal ! Un volontaire pour le trucider !
Légère hésitation chez les enfants d'Ouranos : "ben euh... c'est notre père tout de même..."
-Comment ça ? hurle la mère. Votre père maltraite sa femme, et vous, vous cautionnez la violence conjugale! le viol légal ! les maltraitances à Terre en danger! le gaïicide !...
- Ok,m'man, s'éleva alors une petite voix.Je vais y aller.
C'était le plus jeune des fils, le petit Cronos (accessoirement dieu du temps (?) et des moissons). Un petit rusé, celui-là, le genre lascar qui sait ce qu'il veut et ce qu'il fait, qui renonce pas à ses ambitions pour deux sous. Gaïa le félicite chaudement, le prend dans ses grands bras terreux, lui fait un gros poutou et lui fournit le matériel : une gigantesque serpe d'acier.

QUE VA-T-IL SE PASSER ?
Cronos va-t-il défendre la cause féministe et venger sa moman ?
Ouranos pourra-t-il être vaincu ?
Vous le saurez dans le prochain épisode : OURANOS VS CRONOS : Big Fight of the first gods

 

Source : Hésiode, Théogonie

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 22:17
gaia
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AVANT

avant la mer et les terres, les porte-avions et les paratonnerres
il n'y avait que Khaôs
l'Abîme, la Béance.

Puis en surgirent coup sur coup Gaïa (la Terre) et Erôs (le Désir).

Et comme le désir était arrivé... Gaïa se sentit tout émoustillée.

 

Mais la brave Gaïa était une exigeante, elle prenait pas du n'importe quoi s'il vous plaît ! Alors, pour satisfaire ses désirs les moins avouables, elle auto-accoucha d'Ouranos, le Ciel étoilé, seul capable de la couvrir toute entière. Dans la foulée elle fit naître les Montagnes et les Nymphes (divinités de la nature sauvage), puis Pontos, le Flot-salé-de-la-mer-et-peut-être-même-de-la-Méditerranée-dites-moi.

De son côté Khaôs pondit Nyx (la Nuit) et Erébos (les Ténèbres). "Tatatatère, moi aussi je peux le faire", répliqua-t-il à Gaïa, pendant que Nyx et Erébos **(censuré)** et engendraient Ethèr (le ciel lumineux) et Héméra (le jour).


Par la suite, Nyx eut encore tout un tas d'enfants plus mignons et gentils les uns que les autres :
Moros (la Fatalité)
Kéra (le Destin funeste)
Thanatos (le Trépas)
Hypnos (le Sommeil)
les Rêves
Mômos (le Sarcasme)
Oïzys (la Détresse)
les Hespérides
les Moires ou Parques
les Kères
Némésis (le Châtiment)
Apatè (la Tromperie)
Philotès (la Tendresse faible)
Gèras (la Vieillesse)
Eris (la Discorde).

Ladite Eris s'appliqua à suivre l'exemple maternel et engendra sympathiquement la Peine l'Oubli la Faim les Douleurs les Mêlées les Combats les Meurtres les Tueries les Querelles les Mensonges les Disputes l'Anarchie le Désastre et Horcos le vengeur des parjures.

moirai

AU FAIT... MAIS QUI SONT LES MOIRES ?
(Si je prends la peine d'en parler c'est qu'il y a un intérêt).
Les Moires (ou Parques) sont de très vieilles dames silencieuses qui ont cherché un p'tit job pendant longtemps, enchaînant les CDD jusqu'à ce que Zeus leur propose un métier en CDI. Assises dans un coin du ciel, elles filent le destin de chaque être vivant sur terre et ailleurs. Elles s'appellent Clotho, Lachésis et Athropô : Clothô file le fil, Lachésis enroule le fil, Athropô coupe le fil, et la personne dont c'était le fil crève.
Evidemment, le destin qu'elles filent soumet même les dieux, même Zeus le plus grand des dieux (y'a pas de raison). Les dieux doivent même s'évertuer à réaliser le destin qu'elles filent. Bref, elles ont trouvé un boulot stable.


Source : Hésiode, Théogonie

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