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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 17:18
Dans l'article précédent, Aphrodite, mariée à un boîteux boutonneux bancal et balbutiant se consolait dans les bras du bel (et bête) Arès.De l'union avec Arès, Aphrodite eut cinq enfants : Phobos (la Panique), Déïmos (la Déroute), dignes filles du dieu de la guerre, Harmonie, Antéros (l'Amour réciproque) et surtout Eros (Cupidon en latin), dignes enfants de la déesse de l'amour.
Eros, en particulier, était un ptit archer mignon tout plein, un enfant ailé, blondinet, mais aveugle. Avec son arc, il tirait sur les hommes et les femmes, qui tombaient instantanément amoureux. Or Apollon, le grrrrand dieu de la lumière, des arts, de la médecine, l'archer solaire aux fureurs redoutables, extrêmement beau gosse, bien entendu (comme tout dieu qui se respecte à part Héphaïstos), qui avait lui, trucidé le serpent Python et fait toutes sortes d'exploits avec son arc, se mit à se moquer :
- Ha ha ha c'est quoi ce gosse avec ses flèches? Hey Eros, tu crois que tu vas réussir à tirer avec ton arc, petit gamin ? Regarde moi, moi. Moi, le grrrand dieu de la lumière, l'archer solaire aux fureurs redoutables ! Le boss à l'arc, c'est moi. D'ailleurs, appelle-moi maître.
apollon
[L'arc aurait-il une fonction de substitut ?...]
Eros le prit mal et répondit : "Apollon, tirera bien qui tirera le dernier..." d'un air sournois. Le dieu de l'amour prit en grippe celui de la lumière, parce qu'il était un sacré mauvais joueur dans les compètes de tir à l'arc. Ainsi,  depuis ce jour, et jusqu'à la fin des temps mythiques, Apollon, en amour, il a la poisse.
Il a tellement la poisse que généralement, même si Apollon, eh bien, c'est un Apollon, il n'en séduit pas une. Quand par miracle les donzelles (ou les messieurs) cèdent à ses avances, elles le trompent. Et quand, miracle de miracle, elles restent fidèles, il se passe toujours un malheur catastrophique qui vient endeuiller le couple. Un flirt d'Apollon qui se passe bien, c'est un miracle puissance 3.
D'ailleurs, on ne parlera pas sur ce blog d'aventures amoureuses d'Apollon, mais de mésaventures amoureuses d'Apollon.

 

Apollon se baladait donc dans une forêt déserte de Grèce, sans voir qu'Eros le suivait en cachette, quand il croisa une nymphe nommée Daphné. Cette Daphné était la fille du fleuve Pénée. Je vous rappelle qu'en Grèce tous les fleuves sont des dieux, ce qui complique fantastiquement le panthéon grec. Or, Daphné était du genre vierge chasseresse et, malgré sa grande beauté, pas vraiment portée sur la 17è lettre de l'alphabet.
"Chic !" se dit Eros et, profitant de l'occasion, il tira une flèche sur Apollon et une autre sur Daphné... sauf que celle qu'il avait tirée sur Apollon était une flèche de désir, et celle de Daphné une flèche de dégoût.

Effet immédiat : soudain, Apollon sent brûler en son âme toutes les flammes du désir et de la passion, bref, il est pris d'une irrésistible envie de n***er la nymphe... Alors que Daphné, elle, voit, à la place du séduisant dieu, une espèce d'obsédé lubrique dégoûtant et difforme, la bave aux lèvres et autres symptômes physiques voyants et déplacés.

EXEMPLE n° 1 de la déveine congénitale d'Apollon en amour :


Apollon - Hé mad'moiselle t'aurais pas l'heure ?
Daphné - (C'est quoi ce plan ?) Ô souverain dieu Olympien, la montre n'a pas encore été inventée...

Apollon, pas très doué en séduction, opta pour les grands moyens : il se mit à courir après la belle, qui comprit qu'il voulait (euphémisme) attenter à son intégrité de femme et s'enfuit dans les bois. Elle courait vite, car Daphné était une championne à la course, recordwoman de Thessalie. Mais Apollon était un dieu d'une force physique hors du commun, et quitte à battre le record du monde du 100m, il rattrapa la nymphe, qui courait à perdre haleine en criant "HEEEEEEELP !".
apollon-daphne.jpg
[Apollon : "Daphné, tu peux pas résister, moi je cours le 100m en moins de 10''!"]

Bref, on aurait pu assister à un acte barbare contraire à toute forme d'éthique et de pudeur de la part d'Apollon sur la fille du dieu-fleuve, si Daphné n'était pas justement la fille d'un dieu-fleuve. Alors qu'Apollon posait ses pattes avides et lubriques sur ses épaules, Daphné cria :
- Papa au secours ! Tout sauf ça !
... Et voilà que, grâce au pouvoir de son père le fleuve Pénée qui a entendu sa prière, ses cheveux deviennent verts et feuillus, qu'elle se fige, que de ses pieds partent des racines qui plongent dans la terre, et Daphné se change en laurier.

"M*rde !" se dit Apollon en refermant ses doigts sur un tronc d'arbre. Il aurait pu devenir phytophile, mais comme ses perversions sont limitées, il décréta que depuis, on utiliserait le laurier dans ses temples et que ce serait un symbole de gloire. Tout ça parce qu'il n'avait pas pu se taper la nymphe. Ah les mecs...

Source : Ovide, Métamorphoses.

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Published by Histoires-Mythiques - dans Amours divines
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