Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 17:27

Maintenant que Zeus s'est bien installé sur le trône divin, parlons un peu de ses gosses.

La première épouse de Zeus, selon Hésiode, c'est sa tante la Titane Mnémosyne ( = la Mémoire) avec laquelle il passa neuf nuits torrides pendant ou avant la Titanomachie ; et de ces galipettes nocturnes naquirent neuf filles (quand on vous dit que toute union divine est féconde).
Les Neuf enfants, chanteuses émérites, musiciennes hors pair, artistes et patronnes des artistes, furent nommées les Muses ; chacune se rapportait à un art ou une science précis, et voici la liste officielle, pas de mémoire parce que c'est comme les Sept merveilles du monde on en oublie toujours une.

La liste officielle des Neuf Muses

mousai

[Magnifique image des Muses honteusement volée ]

 

Calliope est leur leader, leur PDG, la plus célèbre et la plus courtisée. Son domaine réservé, c'est la poésie épique, c'est-à-dire de longs poèmes envers solennels contant les exploits guerriers des héros (notamment L'Iliade et L'Odyssée) ;
Clio (comme la voiture), Muse de l'histoire, est la sainte patronne antique de tous vos profs d'histoire-géo ;
Polhymnie, quant à elle, se révèle être une agitée : c'est la Muse de ce genre théâtral antique qu'on appelle la pantomime (équivalent d'une pièce de théâtre en mime) ;
Euterpe se contente d'être la Muse de la flûte (flûte alors) ;
Terpsichore cumule deux mandats : c'est la Muse de la poésie plus drôle, érotique botamment, ET de la danse ;
Erato change de job selon qui veut l'employer : elle est traditionnellement la Muse de la poésie lyrique chorale, c'est-à-dire des poèmes qui dans le temps se chantaient sur un air de lyre et à plusieurs, MAIS un certain nombre d'auteurs en font la Muse de la poésie amoureuse ;
Melpomène, d'un côté, est Muse de la tragédie (ouin bouhou sniif) ;
Thalie, de l'autre côté, est la Muse de la comédie (hahaha hihihi hohoho) ;
Uranie, la plus céleste, s'est impatronisée Muse de l'astronomie.

Les Muses résident sur l'Olympe et produisent un fond musical agréable partout où les dieux vont. A l'occasion, elles prennent des vacances sur le mont Hélicon, où certains prétendent les avoir rencontrées... N'est-ce pas Hésiode ?

La deuxième femme de Zeus fut Thémis ( = la Justice). Avec elle il nous pondit trois filles, nommées les Heures. Mais attention, lecteur pressé ! Ce ne sont pas du tout les heures de la journée mais les Hôraï, les Saisons. Elles sont trois, elles s'appellent Eunomia (l'Ordre), Dikè (la Justice) et Eïrènè (la Paix). Elles servent à quoi ? Euh... Elles font joli dans le paysage...

 

280px-Dionysos_Horai_Louvre_MR720.jpg

 

[Les Heures suivant Dionysos, bas-relief du Louvre]

 

Mais Thémis et Mnémosyne n'étaient que des amantes occasionnelles. Après les avoir engrossées de la sorte, Zeus épousa celle qui fut et restera son épouse jusqu'à la fin des temps mythologiques, à savoir sa petite soeur Héra. Les deux dieux se prirent pour époux en justes noces sur l'île des Hespérides, à l'extrême-ouest du monde, et organisèrent une joyeuse bouffe pour l'occase. Y furent invitées toutes les déités connues. Le dieu messager Hermès (il était déjà né celui-là ? ne pas se poser de question surtout) fit passer l'invite à tous les dieux : il y eut une petite maline, qui s'appelait Khéloné, pour ne pas vouloir venir, et rester bien sagement dans sa maison. Mais on ne refuse pas une invitation de Zeus. Vexé, Hermès retourna chez Khéloné, lui dit des paroles du style : "Alors tu l'aimes tant que ça ta maison ? Ben tu vas plus en sortir !" Bref, il attrapa ladite Khéloné avec son précieux petit home, jeta le tout dans la mer et la transforma en tortue. Non mais.

 

A l'époque de son mariage, Héra devait être gentille, douce, serviable, attirante, complaisante, bref aimable... Le mariage la transforma radicalement. En effet, Zeus, roi des dieux, avait une conception très avant-gardiste du couple, ou disons semi-avant-gardiste : Héra ne pourrait jamais le tromper (et elle ne s'y risqua pas) ; en revanche lui ne se privait pas de coucher avec qui de droit. La déesse Héra se rendit rapidement compte qu'elle était la plus cocue des reines de l'Univers. Elle en devint acariâtre, agressive, d'une jalousie sans bornes. De plus, elle ne pouvait pas se venger des tromperies de son Jules sur Zeus lui-même, sous peine de se prendre un sale coup de foudre pas du tout figuré. Elle prit donc l'habitude de passer sa rage sur tout être faible impliqué dans son cocufiage.

 

Malgré ces rapports conjugaux un peu tendus, le couple réussit quand même à passer trois nuits d'amour, puisqu'il engendra trois enfants.

La première est Hébé, déesse mineure, incarnation de la Jeunesse et éventuellement du Printemps, la jeune fille de la maison. Comme ce fut longtempsla seule fille de la maison, ces machos de dieux Olympiens lui faisaient servir à table, s'occuper de la popote, verser le nectar et l'ambroisie comme une vraie serveuse de resto.

La deuxième est Ilithyie, déesse mineure également, préposée aux accouchements, sage-femme universelle des dieux et des hommes. Très solidaire de sa maman Héra, elle l'aide à l'occasion, quand il s'agit de se venger d'une des maîtresses de Zeus par exemple.

Le troisième, premier fils de Zeus, est la grosse brute divine Arès, dieu de la Guerre et des tueries, des combats violents et sanglants, de la baston sans discernement, et paf-prends-toi-ça-dans-la g****. Pas bien malin, il aime taper, taper et encore taper, et peu la stratégie militaire et toutes ces choses raffinées où il faut réfléchir avant de taper. Son vocabulaire se limite au strict minimum, à savoir "meurf" et "baston" avec, dans des moments d'intelligence, "bonne meuf".

 

Malgré ces défaillances intellectuelles, il s'agit d'un dieu majeur, qui réside sur le Mont Olympe avec les dieux civilisés... Il en descend dès qu'il voit un combat, pour se mêler à la bataille accompagné de ses suivantes les Kères (déesses du Trépas fatal), Eris (déesse de la Discorde), Enyô, Phobos et Deïmos (Terreur, Déroute et Panique), et taper autant qu'il le souhaite.

 

ares.jpg

[Arès se préparant à la baston, image piquée ici]

 

Voici notre roi des dieux flanqué de toute une série d'enfants légitimes. Mais croyez-vous qu'il s'arrêta en si bon chemin sur la voie de la procréation ? Pas du tout, comme vous allez le voir dans les articles suivants...

 

Sources : Hésiode, Théogonie, Le Bouclier ; Mythographe du Vatican ; Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine.

Partager cet article

Repost 0
Published by Histoires-Mythiques - dans Les enfants de Zeus
commenter cet article

commentaires

Quésaco ?

  • : Histoires Mythiques
  • Histoires Mythiques
  • : La mythologie grecque, c'est drôle, je le dis et je le prouve.
  • Contact